Le seul vrai hétéro

21 août 2019

Dans cette essayiste et militante que j'admire, j'y vois un peu d'elle : tendue dans une affirmation, s'époumone, est toujours juste même quand est excessive, semble ne pas prendre en compte certaines données mais justement pour en affirmer d'autres qui n'auraient pas pu advenir dans une simple exposition froide... Quelle personne ! Je ne pouvais m'empêcher de l'aimer, même quand elle me faisait mal, quand elle ne se laissait pas arrêter par l'état émotionnel de la situation. Mon être objectif n'a jamais perdu la conviction qu'il fallait que je sois avec elle, tandis que mon moi diminué encaissait ce qu'il pouvait et ne savait pas quoi faire de ce qu'il ne pouvait pas. Et ne saura pas quoi penser de ce qui arrivera.

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20 août 2019

On était dans une librairie et je tentais de nous trouver une BD, quelque chose qu'on aimerait tous les deux. Je feuilletais des choses vraiment trop sommaires, indignes, même si possiblement intéressantes. L'une semblait l'intéresser, elle me disait "et il y a ça, pourquoi pas ?" mais je sentais quelque chose de pas totalement convaincu dans sa voix et son regard un peu perdus, comme si elle cherchait surtout à me faire plaisir et ne comprenait pas ce que je pouvais trouver à ces choses. Je rêve encore de ça, alors qu'elle avait écrit à quel point elle avait pu se nourrir avec joie des traits avec lesquels je l'avais mise en contact, mais c'est comme si mon manque de légitimité était indécrottable. En mettant mon existence dans des livres et des disques que j'achetais, c'était histoire de me trouver des appuis solides me ressemblant potentiellement, à la fois meilleurs que moi et me reflétant en partie. Lorsqu'ils me reflétaient trop, c'était un problème ; je montrais ainsi de manière impudique ce que je pouvais être et parfois je risquais de ne plus m'aimer à me découvrir ainsi (quelle étrange expérience par exemple d'écouter une musique qui nous plaît trop devant tout le monde, c'est comme si on nous arrachait ce plaisir ou qu'au contraire on l'offrait de façon indécente). Quelque chose de l'affection, du sentiment d'existence que l'amour doit apporter se joue ici, comme si je ne parvenais pas à me suffire à moi-même, que sans ces béquilles artistiques (pourtant fort encombrantes) je ne me jugeais pas digne d'attention, que je n'occasionnerais que des regards perdus en ne sachant pas quoi montrer de moi, de ce que j'aime, que je ne pourrais laisser l'évidence aller, celle-ci ne se manifestant qu'en de rares occasions solitaires, vite insaisissables.

(Impossible de savoir sur lequel des deux blogs va ce texte alors pour la peine il est sur les deux. Il est ici aussi, pour rappel : http://defini.canalblog.com )

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19 août 2019

Je ne m'étais jamais senti aussi certain de pouvoir compter, certifié d'exister. Même si cela se faisait à distance (et je dirais même d'autant plus, preuve que le virtuel n'amoindrit rien), je sentais qu'elle m'attendait. Ce n'était pas à proprement parler son amour qui me remplissait, pour le coup il m'agressera plutôt puisque j'aurai alors l'impression de subir son assaut (envers mon épaule, envers ma bouche, bref envers ce que l'on appelle son intégrité). C'était tout simplement d'apprendre que j'existais bel et bien pour quelqu'un.

Lorsque je me demande « à quelle sorte d'amour correspond le plus l'affection que l'on nous porte ? » (à la sorte “aimantation physique” ou bien à la sorte “recherche d'union morale”), je ne sais que répondre. Bien sûr qu'il est idéalement présent dans les deux, mais je vis sa présence autrement, je vis sa présence comme relevant d'une nature proprement autre, d'une définition plus fondamentale : c'est tout simplement sentir qu'on existe. « Sentiment que l'on ressent dans les deux sortes », me répondrez-vous, mais pas forcément, il m'est arrivé de ne pas le ressentir alors que j'étais bel et bien immergé dans l'une des deux. L'impression que dans la première on est trop accaparé par le fait de rechercher l'intensité sensitive et imaginative, et que le but de la seconde est de se mouler sur une forme sociale (le fameux couple) dont l'établissement ne dit rien de la reconnaissance mutuelle ou non de l'existence pleine et entière de chacun – particulièrement dans son cadre nucléaire bourgeois, conçu pour d'autres finalités que celle-ci.

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18 août 2019

Dans cette chanson, elle s'adresse à un “robot boy” et lui dit « you are the object of my affection ». Si je dois la chanter un jour, comment ferai-je ? Quelle stratégie adopter ? Remplacer par “robot girl” ? Impossible car pas de symétrie possible (symétrie rarement possible dans un monde dominé par les mecs hétéros) : avoir une “robot girl”, lui dire qu'elle est un “objet”, ce n'est pas pensable, ce n'est pas ce que je veux être. Je ne suis pas un mec. Donc garder “robot boy”, oui mais alors ça devient homo ? Mais non pas du tout, c'est juste épouser pleinement le fait d'être une fille, bref le but ultime d'ouverture vers elle du seul vrai hétéro. Donc la chanter comme ça, en m'efforçant le plus possible d'être une fille, de me sentir fille. Et si cela doit passer par être hétéro (en l'occurrence être orienté vers un mec), tant pis, faut souffrir parfois pour atteindre ce qu'on veut atteindre.

Et c'est vrai que si je me mets en condition, que je me mets vraiment à la chanter en me concentrant sur ma voix, en prenant la plus jolie voix possible, la plus juste, celle que j'appelle la plus douce, il y a quelque chose qui se passe, je me dis que j'ai atteint quelque chose, je l'ai atteinte, elle, dans ce qu'elle est ou tout du moins dans ce qu'elle semble être, dans ce qu'elle semble éprouver à ces moments. Et là ça me rend particulièrement tout chose. Je suis le seul vrai hétéro.

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17 août 2019

Sait-elle que je vais écrire un texte sur elle, surtout sur sa main, sa main qui a touché le fruit que je lui avais acheté ? Il faudrait écrire aussi sur ses yeux, son sourire et ses cheveux, mais déjà trop donné. Tout mon passé de cœur d'artichaut s'est résumé à ça, à ce trip consistant à s'amuser à se demander « et sait-elle que etc., alors que je ne la connais pas le moins du monde, que je ne fais que la croiser dans la vie ? ». À l'époque, ce que l'on nomme l'amour se résumait à cela : leur être physique, leurs gestes s'imprimaient en moi et me suivaient tout le jour, m'accompagnaient en boucle. Ce n'était qu'incarnation, que chair et je tentais de faire comprendre à mon alter-ego que je trouvais ça plus beau que tout, je disais plus intense et même plus pur (je faisais exprès pour l'embêter, lui le romantique). 

Au bout d'un moment, il a bien fallu correspondre au modèle : l'amour ce serait s'intéresser particulièrement à une individualité. Il est vrai que je ressentis le besoin (sans doute créé de toutes pièces, mais comme tout) de me concentrer sur un être en soi. J'en choisis une et je projetai par conséquent tout ce que je dus projeter, il fallait bien ça. Bon, c'était un mime grotesque mais il y avait l'idée de trouver une idiosyncrasie. Et c'est vrai que cette sorte d'amour-là (l'autre amour, comme je pourrais l'appeler, étant donné qu'il vint en second) permet d'apprendre à ne pas l'extraire du reste de la vie ; c'est bien cette personne que l'on vise, qui correspond à des choses du monde (possibles vues communes, etc.). Et en effet, quand j'en vivrai vraiment (fini le mime), ce sera tout à fait ça : quelle personne c'est, dis-donc, sacrée personne !

Deux façons, donc. La première présente des manifestations mentales communément rattachées à l'amour (sic) mais n'est justement que pure incarnation, tellement incarnation que l'on pourra trouver qu'elle est désincarnée (objection que je conçois, bien que je la récuse). La seconde permet de vraiment s'ouvrir à la personne en une visée commune mais possède également un risque d'hypostase désincarnante : on recherche alors telle qualité, telle donnée (pour lesquelles on ne manque pas d'exigence) ; qui plus est, je ne peux m'empêcher d'y mettre une certaine distance, la distance que j'ai à l'égard de la vie en général : je considère la chose en soi et oui, souvent, j'aime en soi profondément (j'aime elle en soi, en tant qu'elle), mais il peut alors possiblement y avoir un décalage par rapport à ce que j'aimerais pour moi ; en gros, qu'est-ce que j'apprécie cette personne (goût maîtrisé) mais pas sûr qu'elle soit appréciable pour moi (sensibilité que je ne maîtrise pas).

Pas le même genre de distance dans les deux : dans la première, distance de mon être objectif (je n'existe alors pas vraiment, seule elle existe), tandis que mon moi prend toute la ferveur pour lui ; dans la seconde, distance de mon moi qui laisse tout le jugement à l'être objectif obnubilé par sa concrétisation. On s'accomplit sûrement mieux par la seconde sorte, mais la première ne dit-elle pas davantage quelque chose de ce que l'on est, de ce que l'on aimerait, des élans qui nous animent ?

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16 août 2019

Elle mime si peu la féminité, elle semble si simplement être ce qu'elle est, sans égards pour les fards, qu'en étant ainsi elle l'est de façon si touchante que pour moi elle me paraît si joliment fille dans sa façon de ne pas vouloir être fille et alors je souhaite m'autodétruire en tant que mec. Cette circularité est dûe à une émotion bien compréhensible : je ne peux m'empêcher d'entrevoir quelque chose avec elle (à ses côtés en tant que fille, en tant qu'hétéros). Ce qu'il faudrait pour rendre la sexualisation moins encombrante, c'est la suspension, l'absence-présence : je suis avec elle, elle compte pour moi et je compte pour elle, on est ensemble et elle est une fille, mais cela ne dit rien sur ce qui peut se passer ou pas, sur nos types respectifs de réactions aux choses. Ainsi, en effet, j'en jouirai, je jouirai du fait que l'indicatif fille ne soit présent qu'en arrière-plan, que ce soit justement le fait qu'il soit absent-présent dans la situation présente qui le rende troublant, mais par conséquent le cercle sera clos, ne déterminera aucune action subséquente ; la libre complicité se déploiera indépendamment de ces pensées, puisque ces pensées reposeront justement sur la possibilité de ce déploiement indépendamment d'elles. Ce sera mon hétéro-asexualité.

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15 août 2019

À chaque fois qu'il me demandait si je trouvais telle fille jolie ou s'exclamait que c'était le cas de telle ou telle, j'aimais lui répondre facétieusement : « mais qu'est-ce que tu m'embêtes encore avec ton hétérosexualité ? ». Mais ce n'était pas qu'une facétie : ce que je rejetais, c'était sa manière de l'être (hétéro), sa manie d'être aux aguets de tout ce qui pourrait être caractérisé comme un joli minois ou un corps attirant, son attitude de gobeur passif des charmes évalués, de classificateur des avantages comparés. L'hétérosexualité comme rabaissement de soi autant que de l'objet visé. Pourtant, lui aussi aimait mais comme un petit enfant fasciné. Je tentais pour ma part de m'éloigner de cette tendance, mais avait-elle été la mienne un jour ? Quand j'exaltais mes coups-de-foudrettes, c'était aussi et surtout un mouvement de vie qui me prenait, mouvement tourné vers elles grâce à elles mais parce qu'elles étaient le tout – ce que l'on peut certes considérer comme encore pire, car sur leurs épaules ne reposait pas seulement mon désir béat mais tout ce pour quoi la vie vaudrait la peine d'être vécue.

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14 août 2019

Je m'aperçois (je l'avais presque oubliée) que j'ai rarement ressenti autant de tendresse, étant donné qu'elle avait quelque chose de particulièrement touchant dans sa façon d'être, de s'exprimer, de réagir. Une douceur spontanée. Mais la chose la plus désolante ce n'est non pas qu'il n'ait rien pu se passer (car après tout, là encore, quel rapport cela aurait-il eu avec elle ?) mais que je ne puisse exprimer ça que par des signifiants ayant trait à la douceur, sans pouvoir les faire correspondre à des contenus plus charpentés. Je l'ai donc peu connue, mais tout ce que j'ai connue d'elle me semble exprimer tout ce qui me fait être hétérosexuel, constatation à la fois exaltante (il y a de l'enthousiasme dans ce constat, j'ai envie de continuer à y être, cela m'éclaire dans tous les sens du terme) et un peu désolante car au final, oui, j'ai vécu cette douceur comme indémêlable d'un désir puissant, tout sauf doux, pour celle-ci (elle doit être la seule fille inconnue – ou peu connue – dont j'ai été proprement curieux de l'intimité, pourquoi elle en particulier, parce que cette puissante douceur ressentie). L'impression d'en revenir, par tous les bouts, à la sexualisation malgré que celle-ci s'efforce sans cesse de se dépasser (mais vers quoi, vers une totalité fumeuse qui contiendrait bel et bien avant tout l'affirmation incandescente de cette sexualisation désormais perçue comme noble ?). Pfff, je suis le seul vrai hétéro...

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13 août 2019

Le plus difficile pour ma part dans l'expérience de pensée homo (et l'on voit déjà qu'il y a une distance puisqu'on ne l'envisage qu'en pensée), ce n'est pas le trouble dans le genre, le court-circuitage de la masculinité, bien au contraire (pour cela que l'homophobie anti-efféminisation est une tournure d'esprit encore bien plus incompréhensible), c'est d'arriver à cerner comment ils perçoivent les filles pour ne pas être portés vers elles. C'est là qu'il y a un gouffre : comment une fille peut-elle ne pas être tout ce que l'on souhaite ? Et l'on comprend en effet la théorisation de l'éthique homosexuelle révolutionnaire – favorisant selon certains, comme Alain Naze, d'autres façons de vivre l'objectalité et par conséquent de nouvelles possibilités pour la vie affective humaine et le tissage de liens entre nous – puisque la différence radicale se situe là. Le seul vrai hétéro rêve pour sa part d'une hétérosexualité révolutionnaire, certes dans la lignée des renouvellements des formes relationnelles permis par les diverses entreprises de “libération”, mais pas seulement ; en tant que dominants, nous avons trop tendance à ne vouloir nous occuper que de la gestion des échanges (« tu auras le droit de connaître ma copine », oui bon et après, qu'en tire t-on de plus concrètement existentiel ?) : il faudrait désormais nous pencher sur ce qui caractérise profondément nos élans, s'arrêter sur ce qui nous conduit vers l'autre, sur ce qui nous rend fou chez l'autre sexe ; qu'est-ce que l'on saisit ainsi de si précieux ? Et cessons deux secondes l'ironie ou la déconstruction car oui, je suis sûr que je comprends quelque chose de la force et de la beauté de cette fille à cet instant et que cela me dit quelque chose des potentialités de cette vie ; la certitude qu'il n'y a qu'une fille, qu'il n'y a que cette fille qui puisse me faire atteindre la perception des éléments à acquérir (qu'il me manquait jusqu'à présent, d'où l'idée de complétude inhérente à l'imaginaire hétéro : ce qui vient me compléter, ce qui me rend complet, on se complète, on s'emboîte et on y prend plaisir).

(Et lorsqu'on est plus ou moins un mec, tenir une ligne de crête entre la tendance romantico-donjuanesque « ce que j'aime dans chaque fille c'est la Fille » – lui dira bien entendu “la Femme” – , où l'irréductibilité individuelle, l'attention à la richesse de chaque souffle est niée aux dépends d'une mystique uniformisatrice et consumériste cherchant son bonheur dans un illusoire principe psychologico-charnel abstrait et surtout mutilant pour elle, et l'indifférence à ce que chaque ouverture vers l'autre, vers elle renferme de révélateur quant à elle, quant à nous, indifférence quant au potentiel politique et spirituel du privé que l'on pourrait nommer l'hétérosexualité bourgeoise, ne perdurant que par sa norme à assurer pour se rassurer.)

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12 août 2019

Avec ce mec sympa (mais c'est pas du jeu, ça compte pas, je suis sûr qu'il est homo donc c'est plus facile d'être sympa quand on ne se sent pas dans l'obligation d'être un pur mec au sens d'un mec qui se pense avant tout comme mec), on se demande pourquoi elle n'a pas répondu à mon message. Je la recroise sans oser lui demander. J'en profite également ce jour-là pour me rendre compte que je ne suis pas sûr qu'elle me plaise : ainsi je me dis qu'il peut encore plus se passer quelque chose de salutaire, d'inattendu, que je serai moins impatient qu'il se passe quelque chose. J'aimerais tellement n'être plus du tout un mec (je me sens déjà suffisamment mal à l'aise en l'étant un petit peu), mais pour cela encore faut-il que cette fille ne me plaise ni trop ni pas assez : si c'est trop, je m'illusionne de façon autocentrée, je mets tellement tout dans sa personne que finalement elle est vidée d'elle-même ; si c'est pas assez, c'est que je ne l'apprécie pas en tant qu'elle-même mais simplement comme respiration générale, possiblement désincarnée, avec donc là aussi un manque de curiosité pour son individualité. Ce trop et ce pas assez reviennent au même : dans les deux cas je ne suis pas suffisamment réceptif à la spécificité.

Lorsque je me rends compte qu'elle est une fille, donc possiblement tout et rien, mais donc bel et bien une fille, une certaine fille (à savoir que ce serait manquer quelque chose de ne la considérer qu'en tant que fille mais que ce statut la rend néanmoins exceptionnelle à mes yeux), il y a davantage de chances d'apprécier la vie sous un jour riche et varié : si tel jour elle ne me plaît pas alors que j'ai cru qu'elle me plaisait, cela veut bien dire que la vie avec elle pourra être tout ce qu'on voudra bien vouloir, entreprise facilitée par le fait que je suis carrément aimanté vers elle, curieux d'elle de par mon orientation indissolublement existentielle et sexuelle, sexuelle parce qu'existentielle et vice-versa ! Curieux de tout ce qu'elle peut me faire éprouver comme surprise, dans un sens ou dans un autre. Je suis le seul vrai hétéro.

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