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Le seul vrai hétéro

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Le seul vrai hétéro
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25 décembre 2023

Ma seule façon de ne pas devenir fou, c'est de me

Ma seule façon de ne pas devenir fou, c'est de me dire que je ne suis pas un mec.
Si elle ne m'a plus aimé, c'est parce que je ne pouvais pas être un mec ; j'aurais fini à un moment ou à un autre par ne pas pouvoir continuer à être un mec. 
Ma seule façon de donner sens à ce qui s'est passé, de créer un récit où je sois un individu poursuivant une vie, c'est de penser la fin de la supercherie : je n'étais tout simplement pas un mec, je ne suis tout simplement pas un mec. C'est le même individu dont il s'agira durant les quelques années qu'il me reste. C'est m'endosser enfin, c'est l'assomption.
Puisqu'il faut que la détonation ait servi à quelque chose pour ne pas devenir fou, on va dire que ça m'aura définitivement sorti de quelque chose, la position masculine, que je n'étais jamais parvenu à faire mienne. 
Je ne délire pas, ou pas complètement – ou disons que je délire simplement pour ne pas devenir fou –, je me rappelle que les seules fois où j'étais mal à l'aise, c'est parce que je sentais qu'on attendait de moi que je sois un mec. C'était sans doute implicite, inconscient, et en partie une projection de ma part, mais une projection a des raisons, elle s'appuie sur une structure sensée, j'ai dit que je cherchais un sens, j'ai trouvé celui-ci : j'entendais qu'elle me disait que j'étais un mec (donc que je devais l'être, mais le problème ne réside pas tant dans des injonctions que dans la constatation ; c'est la constatation qui produit d'emblée une attente).
Si je dois trouver une origine du malaise pour ne pas devenir fou, on va dire que ce sera celle-là : de toutes façons, je ne pouvais pas être un mec. C'est cela maintenant qu'il faut poursuivre, puisqu'il paraît qu'il faut poursuivre quelque chose : j'ai pris acte, puisqu'il paraît qu'il faut prendre acte de la détonation, du malaise, pour ne pas devenir fou : c'est parce que je n'étais, ne suis et ne serai pas un mec. Le passé trouve sens dans le présent qui trouve sens dans le futur. Dans cet ordre-là. 
J'ai compris le message. Ou plutôt, le but de tout ça c'est de le comprendre, de le comprendre enfin, c'est la leçon à tirer, qu'il faut comprendre ça. 
Je suis prêt, et même mieux que ça, c'est la seule chose que j'accepte dans l'histoire. Je n'accepte rien hormis ça, hormis cette confirmation que je ne suis pas un mec. C'est la seule confirmation qui me réjouit, que j'endosse. 
Je me dis que j'aurais pu m'en rendre compte de mille façons, le fait est qu'il a fallu en passer par là, il faut bien une causalité à tout : c'était pour enfin me dire de ne plus être un mec, dans le genre carrément. En comprenant tout ce que ça implique. 
Maintenant, il devra s'agir à la fois du même individu et d'une réelle prise de conscience que si cet individu doit continuer à vivre, il faudra qu'il ait compris : il n'est pas un mec. Tout de suite, même dans le malheur, même dans la détonation, ça soulage.
On pleure toujours, mais au moins maintenant en pleine conscience : on sait qui on n'est pas. Du moins je crois qu'on le croit. 

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20 mai 2023

C'est grâce à un "site de rencontres" que je lui

C'est grâce à un "site de rencontres" que je lui parle, mais je ne sais pas exactement comment je veux "rencontrer" les meufs. Je veux avant tout leur parler, connaître des individualités. Je veux qu'elle soit "moi", qu'elle soit "elle", je ne veux pas spécialement lui "plaire", ni spécialement qu'elle me "plaise", je ne sais pas ce que veut dire "plaire", je ne sais pas ce que veut dire "me plaire", je ne sais pas comment il faut faire pour "plaire", je ne sais pas comment il faut faire pour "me plaire". 

Je veux avant tout parler à une amie meuf car c'est cela dont je ressens l'envie première, pouvoir être "moi", dire ce que je ressens, même s'il s'agit de mes viscères, à une amie meuf. Peut-être que l'on n'est pas censé parler de ses viscères si l'on veut "plaire". De mon côté en tout cas, je n'y vois pas d'inconvénient. 

On parle de nous, de tout, de nos peurs, de nos tiraillements, de nos viscères, des tiraillements de nos viscères, et je crois qu'on commence à s'épauler grâce aux messages que l'on s'envoie, à l'attention que l'on se témoigne. Il y a aussi la voix de l'autre qui prouve la chose. Qui prouve l'amitié. Tout ça grâce à un "site de rencontres".

Lorsqu'elle me dit qu'elle a "rencontré quelqu'un", je mets du temps à comprendre le sens de l'expression, enfin quelques secondes. Ça veut dire que c'est une rencontre qui se situe dans une autre dimension, elle a voulu lui "plaire" et il lui a "plu" en retour, ou dans le sens inverse, je ne sais pas, je n'étais pas là. Et moi alors, de mon côté ? Hé bien ça continue, on continue à parler, pas moins qu'avant, on est plein d'attention, tout-ouïe. Rien n'a changé. Cela n'empêche pas ceci d'exister. Ça continue à nous aider.

Je crois que je préfère l'amitié. Préférence qui m'est imposée ? Je veux bien l'accepter, tant que je ne perds pas l'individualité. 

8 janvier 2023

Non, bon, c'est bon, on arrête. Non, c'est non.

Non, bon, c'est bon, on arrête. Non, c'est non. Ça a assez duré.
Regardez-moi de quoi on a l'air, on n'est plus des êtres humains.
On joue je ne sais qui, je ne sais même pas si ce sont des "rôles", ce sont des sortes d'ectoplasmes, des monstres.
On a peur l'un de l'autre (surtout l'une a peur de l'autre, mais continuer le jeu est encore une façon de conjurer la peur).
T'as vu ta façon de parler quand t'es dans cette optique ? T'as vu à quel point ça ressemble à rien ?
Je parle de tout le monde qui se met à percevoir le monde avec ces yeux, avec les yeux de ce jeu, que cela soit par prévoyance ou délibérément (je pense que la majeure partie de la part relevant de la "prévoyance" est moins "délibérée" qu'elle n'en a l'air, que nous nous y mettons d'une façon "plus forte que nous", comme un réflexe de survie pour ce qui pourrait atteindre nos corps, nos sentiments).
Qu'il y ait séduction, parade à la séduction, contre-parade, le champ lexical le dit bien : il y a parade. Il ne s'agit pas de comportements de consciences authentiques. 
Arrêtons. 
Il faut bien sûr donner des gages de confiance et on sait bien à qui revient la charge de prouver en premier qu'il n'est pas un connard. Mais d'une façon générale, il s'agit surtout de s'écouter. Du moins si l'on souhaite rester une individualité. 
Car l'essentiel c'est bien de se dire que quand bien même cela pourrait concerner, dans un futur plus ou moins proche, plus ou moins lointain, notre futur, le futur de nos corps et de nos sentiments, le rapprochement physique et mental de deux êtres (donc de deux peaux, bien plus que les enveloppant, les innervant), on ne voit pas le rapport entre ce futur possible, plus ou moins souhaitable, souhaitable ou non par l'un ou par l'autre, effrayant, prometteur ou dérisoire, on ne voit pas le rapport entre ce futur et notre attitude, là, maintenant, ces mimiques, ces façons qu'ont nos voix de ne jamais rien dire de vrai sur un plan authentiquement conscient. Quand bien même on voudrait tous les deux, là, finir un jour emmêlés, il n'y a pas le moindre rapport entre cette vue et la façon qu'on a ici de se séparer de nous comme de l'autre, de se couper de l'humanité que nous dégagerions vraiment l'un comme l'autre si l'on décidait simplement de rester dans l'écoute attentive de l'individualité sans délibération ni prévoyance prématurée. Il n'y a pas de rapport.
Il n'y a pas le moindre rapport.
Et au final, tout ce qu'on obtiendra, qu'il y ait "rapport" futur ou non, c'est qu'il n'y en ait justement jamais eu, de rapport. Avec l'autre. 
Personne n'aura jamais existé. 
(Qu'il y ait eu câlins ou non.)
Alors arrêtons. 

29 novembre 2022

"Pars de ça : je ne suis pas un mec.– Pfff, mais

"Pars de ça : je ne suis pas un mec.
– Pfff, mais attends, je te signale que...
– Oui, peut-être, et d'ailleurs je t'ai pas autorisé à...
– Pardon mais c'est toi-même qui évoque le domaine alors que t'es justement en train de...
– Oui mais n'empêche ! N'empêche que même s'il y a ça, cette réaction présentement à ta personne, à ce qu'on est en train de faire toi et moi, je ne suis pas un mec ! Il faut partir de là pour me comprendre, pas de ce que tu vois ou de ce que tu touches là.
– Hum, "te comprendre", dit comme ça, ça sonne bien "présomption de mec"...
– Ah parce que toi tu veux pas que je te comprenne ? 
– Si, mais je n'en fais pas un préalable pour ce qui concerne ce qu'on est en train de faire, là. Avec ta queue dans ma main. 
– ... (s'adressant au public) Mais elle ne comprend pas sur quel plan je me situe, hein... (retourne vers son interlocutrice) C'est bien pour ça que je profite de ce moment pour te dire, pour te faire remarquer – car je conçois que ce ne soit pas évident présentement – que je ne suis pas un mec, avant tout et préalablement, oui, avant toute autre considération, avant toute chose, j'aimerais que tu me voies comme ça : comme un mec qui n'est pas un mec. Je t'aime, j'te trouve carrément... enfin bref, tu me fais de l'effet à fond, mais cela n'a rien à voir avec le fait que... et je dirais même, non, au contraire, cela ne peut justement avoir lieu que parce que je ne suis pas vraiment un mec, dans le fond et au préalable, fondamentalement. C'est ce que j'ai théorisé, c'est ainsi. Je suis "le seul vrai hétéro". 
– Et ça te sert à quoi, ta théorie ?... Pas spécialement en ce moment même, je veux dire, mais en général, c'est pour quoi faire ?
– Pour tout faire, justement. Pour tout refonder. Pour que tu ne me voies plus avant tout comme un "mec", de la même manière que je ne te vois pas avant tout comme une "fille". Essaie juste de te dire ça : si je ne le vois plus comme un mec, si ce n'est pas un mec, est-ce que ça change quelque chose en moi, en nous, pour nous ? Qu'est-ce que ça nous apporte ?
– ...Le fait est que, là, tu... on est bien partis pour... Et dans une telle situation, je peux facilement me dire que...
– Oui mais au-delà de cette "facilité", justement, il y a la vérité. La seule vérité : celle que je n'ai rien d'un mec.
– À part...
– À part ça, si tu veux, là... et encore, je crois pas qu'on puisse dire que... et pourquoi ça serait forcément...? Non, je le redis, c'est un tout autre plan, c'est bien plus grand, c'est toute une refondation.
– On la commence maintenant, alors ? Par ça ?
– Oui, mettons par ça, la suite viendra bien d'elle-même... Mais souviens-toi des prémices : je ne suis pas un mec."

18 novembre 2022

Avant tout, en premier, il y a la fascination et

Avant tout, en premier, il y a la fascination et le "j'aimerais tant être elle", dans les fixations. C'est donc plutôt queerisé à la base, et ce n'est que dans un second temps que vient "bon ben du coup je suis attiré par elle". 
Du coup j'ai du mal à séparer les deux termes, c'est comme si la projection amenait tout naturellement "l'orientation" (la seconde étape n'ayant jamais été un concept théorique).
Je comprends que certains choisissent de se pencher à nouveaux frais sur leur intérieur puisqu'ils ont senti que c'était "en eux" ; cette fille, elle est déjà d'emblée en moi, elle résonne et rayonne d'emblée en moi, je vis d'emblée ainsi la fascination. Ça rayonne. 
Et la poursuite de ce rayonnement est "l'attirance", inévitablement dans le cadre de "l'hétérosexualité", mais colorée pour ma part de tous les remuements du premier mouvement. Si je suis hétéro, c'est justement parce que j'ai tout de suite ressenti, en la voyant (lorsqu'elle apparaît, car elle finit toujours par apparaître), que je n'étais pas un mec mais bien au contraire que j'étais tout ce qu'elle était elle, donc un être humain aussi, oui, entre autres, mais pas un mec. Et bien plus qu'un être humain car elle a quelque chose en plus qui me la rend différente, d'où le fait qu'ensuite on soit bien dans "l'orientation", etc.
Elle est tous les gestes, mouvements, les voix que j'avais toujours voulu être, je sais pas comment elle fait pour l'être semble-t-il naturellement, comme si c'était une fille (et on dit bien, il paraît, que c'est une fille) ; du coup je vais tenter de l'approcher le plus possible, c'est une envie comme une autre. C'est la façon que je trouve la plus simple d'être avec elle, à défaut d'être elle. (Et pourquoi pas être elle, hein, ce serait un tout autre... comment dire... bref, on voit bien ici mes idées courtes, ma paresse ; me lover en elle, c'est un peu plus à ma portée et c'est fou comme c'est déjà si intense.)

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6 novembre 2022

« Tu vois, quand tu frottes comme ça, c’est pas

« Tu vois, quand tu frottes comme ça, c’est pas tant… c’est pas tant que ça me fait rien, c’est que… rien que le fait que je puisse le décrire par le verbe « frotter » c’est que ça n’est pas…
- Mais je « frotte » pas vraiment, regarde, quand je fais ça… T’appelles ça « frotter » ?
- Ah, par contre, comme ça, mmh, okay, là il y a… il y a un rythme, ou plutôt une densité, ou plutôt une épaisseur qui…
- Un rythme, une densité ou une épaisseur ?
- Raaah je sais pas, disons une teneur… une façon de tenir…
- …Mais pourtant je tiens rien encore, j’effleure à peine !
- Oui mais avec densité ! Désolé mais c’est dense, tu effleures avec densité !
- Ah, okay, entendu, je le saurai maintenant… J’y penserai autrement maintenant que je sais que je suis dense, enfin que c’est dense quand je te fais ça…
- Ah parce que tu y penses des fois ?
- Ben… oui, ça peut m’arriver, mais tu vois du coup j’y penserai différemment maintenant que je sais que t’y vois de la densité. En retour ça me fera pas le même effet.
- C’est pas déjà le cas ?
- Là je crois qu’on parle trop pour que je me rende tout à fait compte… En tout cas il y a eu un mot de prononcé, je veux dire de validé.
- Oui, c’est « densité », « densité » je valide. Ça me fait quelque chose de dense quand tu me fais ça et… le fait de sentir que tu y mets de la densité, que tu le veuilles ou non, ça me plaît encore plus, car je me dis que…
- …Que j’y crois aussi, que de mon côté aussi…?
- …Oui, voilà, que de ton côté aussi c’est dense, en tout cas que ça a l’air. Bon, on n’est jamais sûr mais là, quand c’est à ce point…
- Oui, tu remarqueras que je continue, là, sur la même lancée…
- Oui, c’est bien… Et moi aussi, du coup, j’ai envie de… enfin à ma façon, de… voire même carrément, au point où…
- Te gêne pas !
- …De toutes façons on était déjà dans… enfin… tu crois que si je me mets à faire… à aller jusque… là, tu…?
- Mmmh, doucement mais oui, je n’y vois pas… je n’y vois pas surtout pas…
- …d’inconvénient ?
- …Oui bon facile de… de terminer mes phrases quand tu vois que je suis… que je suis dans… Wow !
- Oups, pardon, je…
- Non mais c’est juste que… je m’attendais pas à…!
- Oui là je sais pas si on est encore dans l’effleurement mais… j’étais dans le mouvement et…
- Non mais, et puis comme d’hab’…
- Oui, il y a ce renflement et je sais bien qu’il te…
- Un renflement ? T’appelles ça un renflement ?
- Ben je crois que c’est toi-même qui l’as appelé comme ça une fois. T’as dit « tu vois, là il y a un renflement »…
- …Déjà j’ai pas pu dire « tu vois » car je le vois pas plus que toi et je crois pas t’avoir un jour mené à…
- Non, pas mené, mais genre « tu vois, si tu vas jusque là, il y a un renflement et… »
- Mais t’es vraiment sûr que j’ai dit « renflement » ? Je me revois pas dire « renflement » pour…
- Si si, je t’assure, c’était bien « renflement » que…
- Bon, OK, « renflement » alors. Très bien.
- …Donc c’est bon, ça te…
- Ben oui, comme d’hab, ça fait « wow », mais je t’assure que je me revois pas l’appeler « renflement » alors que…
- Bon, laisse tomber, on enlève « renflement » alors, ça a l’air de moins bien aller que « densité » pour toi donc…
- C’était pour toi « densité », moi je sais pas si c’était… si j’étais vraiment dense, pas plus que je sais si on peut appeler ça un « renflement » ce que tu es en train de… mmh, en ce moment…
- En train de quoi, d’ailleurs ? Tu dirais de « frotter » ? Tu dirais pas « frotter » quand même ? Je me sentirais gêné d’être là à « frotter », on en revient là, je… à partir du moment où on peut dire « frotter » d’un truc c’est que ça ne va pas, c’est que…
- Non mais là je t’assure que ça va bien, très bien même, mais oui ce n’est pas « frotter », ce n’est pas non plus ti… enfin je veux même pas le dire, je n’aime pas tous ces verbes, aucun ne décrit ce que… ce que j’aime bien que… ce que j’aime bien que tu fasses comme en ce moment même si… même si je sais pas si… mmh…
- Même si tu sais pas quoi ?
- …Même si je sais pas si… si c’est vraiment un renflement, une densité, ou… ou que sais-je encore ou… mais…
- …Mais allons encore plus loin ?
- Dans… Dans quel sens ? Ah oui, pas forcément dans…
- Non, dans le sens que tu veux, je veux dire on peut continuer ?
- Oui mais je sais pas si je veux qu’on parle alors. Ça…
- …Je t’assure que je dirai plus jamais « frotter », ni « renflement », ni même « densité » !
- C’est pas ça, mais… Ça fait comme si… comme si on nous regardait alors que…
- …Oui, suis pas non plus trop exhibo’ mais je voulais juste…
- Oui non mais ça se comprend, surtout que c’est pas la première fois que…
- Oui, pas la première fois qu’on fait tout ça donc c’est comme si je voulais parvenir à saisir et… surtout qu’il me semble bien que ça nous est déjà arrivé d’essayer de… comme quand par exemple, même si tu l’as oublié, tu… tu avais dit « renflement » pour désigner…
- Je sais pas si j’avais dit « renflement », je te dis !!!
- …Moi non plus à vrai dire, je sais pas, moi non plus, mais… c’est comme si… comme si j’avais voulu…
- Allez stop, tu ne veux rien d’autre que ça, vas-y, vas-y pour de bon, avec densité ou non…!
- Oui, je… c’est ce qu’on va… c’est ce qu’on va faire, je… je t’aime.
- Je t’aime. »

28 février 2022

Ce qu'il faudrait, c'est qu'on puisse savoir

Ce qu'il faudrait, c'est qu'on puisse savoir quand même si ça a eu une importance, si c'est ça qui construit ensuite la masculinité ; à savoir : si je suis si unique, si rare à avoir eu un vécu où ce sont, historiquement, à plusieurs reprises, aux premières reprises, à 5 premières reprises correspondant chacune à un sens différent du mot "première", où ce sont, je disais, ELLES qui ont initié, qui se sont montrées intéressées en premier au domaine de sensations-affections. Si jamais cela s'avère un vécu spécifique, qui conduit ensuite tous ceux qui en sont concernés à avoir un autre type de rapport à l'Autre féminin voire une toute autre masculinité (voire une anti-masculinité en regard des normes en vigueur), il faudrait vraiment que cela se fasse savoir. Il faudrait que tout le monde témoigne dans les commentaires pour confirmer. 
Bien entendu, ce ne seront jamais les seules données en jeu : il y a aussi tout l'entour, tout ce qu'on nous dit d'ELLES sans qu'on l'ait jamais vérifié, tout ce qui se sait sans avoir besoin de l'avoir su. Mais tout de même, il y a des chances que cela ne soit pas anodin : dans un monde où elles sont censées être le "passif", le deuxième, celles qui disposent après proposition, lorsqu'on sait, qu'on a vécu, qu'on a été formé par, initié par une vision où c'est tout le contraire au niveau de ce domaine de sensations-affections (et sans doute aussi d'autres domaines, mais celui-ci est tout spécialement décisif au sein de ce qu'on appelle encore malgré tout l'hétérosexualité), cela ne peut pas ne pas avoir de conséquences sur la façon dont on les voit, dont on les vit : ce sont elles qui tiennent en premier la possibilité, la volonté de l'avenir à la fois troublant et concret, si émouvant d'être si relié à des aires de sensations-affections si concrètes. On ne leur reconnaîtra pas forcément tous les pouvoirs (histoire de rester dignement matérialistes), mais on leur reconnaîtra cet empowerment-là, cette initiative-là d'avoir créé, à leur image, à leur façon, sur leur décision d'en user à leur façon et ainsi à notre façon, d'en jouir et plus globalement d'en vivre à leur façon et ainsi à notre façon aussi, le sexe.

(En gros, si je devais dire, ce serait : 1) émotion émoustillée quant à la possible découverte, 2) émotion enjouée quant à l'impudeur délibérée, 3) émotion de la demande pressante d'affection, 4) émotion de la prise à bras le corps du rapprochement impromptu, 5) émotion de l'assaut irrépressible envers une bouche à mordre, mais aïeuh, ça fait mal !)

27 janvier 2021

Incroyable, je vois son visage (c'est si rare en

Incroyable, je vois son visage (c'est si rare en ce moment), elle sourit, le regarde droit dans les yeux, doit hausser la tête pour ça (il est bien plus grand qu'elle) et lui dit, avec beaucoup de chaleur émue dans la voix : « je te remercie vraiment de m'avoir attendue ». L'autre semble étonné de tant de reconnaissance, il a un peu les yeux éberlués (en tout cas c'est ce que j'en déduis parce que ça m'arrange pour mon tableau), « mais de rien »... Et j'aurais envie de rester là, à savoir s'il va y avoir quelque chose entre eux. 
Je viens de leur parler à chacun d'eux, séparément, il y a quelques minutes, dans leur magasin. Je ne pensais pas qu'ils se retrouveraient ensuite pour exprimer devant moi une saynète évoquant l'amour, spécialement à ma destination, moi qui en manque tant (d'amour comme de destination, à vrai dire). Étant hétéro, c'est bien sûr le personnage de la fille qui m'intéresse le plus ; c'est vrai qu'elle a quelque chose, qu'on sent qu'elle est du genre timide et discrète ; je suis certain en ayant vu ses yeux et son sourire qu'elle recherche actuellement l'amour. Ou alors c'est que je me projette, mais qu'y gagnerais-je puisque pour le coup, je ne recherche pas spécialement l'amour avec elle et que je suis surtout curieux de savoir comment elle investira sa tendre et fervente reconnaissance pour celui qui l'a « attendue » ; faites comme si je n'étais pas là. J'allais écrire : comme si je n'existais pas. 
Il faudrait que ce soit toujours comme ça pour consoler des (nombreuses, successives) fois où c'est l'autre (l'autre mec) qui imprime davantage dans le cerveau de celle qu'on aime, qui finit par avoir le dernier mot. Au moins, on n'aurait pas à se faire d'idées, ce serait plié d'avance : on n'existerait pas, point. Pas de prétention à être aimé quand on n'a pas à exister.

26 janvier 2021

Elle me dit que l'amour arrive petit à petit à

Elle me dit que l'amour arrive petit à petit à force de côtoyer régulièrement, dans une forme de proximité ascendante, une personne avec qui l'on partage un concret. Que le coup de foudre en une seule fois, elle n'y croit pas. 
Je ne sais pas si j'y crois davantage, par contre je crois encore moins à la première voie : trop de parasites mentaux viennent embuer la possibilité de penser vraiment à l'amour, finissent par assécher l'envie avant même qu'elle ait commencé, découragent les motivations du cœur. Car dans le quotidien, je me présente généralement comme épuisé, mal embouché. Je perçois bien les possibilités de tissage affectif avec telle personne mais au moment même où je les vois, je suis également celui qui est préoccupé par telle ou telle perte de moyens et de repères. Impossible de me concentrer sur ce que je pourrais vouloir de plus. On vient ici pour souffrir ou se divertir, on se salue, on rit parfois, mais quel rapport avec le sujet de l'amour ? 
Au moins, dans la rencontre faite pour ça, on est tout de suite dans le sujet. Le sujet de l'amour. On peut donc s'y tenir, du moins quand l'autre le veut bien. (Sous peine de rester l'épuisé décrit ci-avant.)

25 janvier 2021

Ce qui me dépasse dans le fait que tu penses

Ce qui me dépasse dans le fait que tu penses encore à ce mec, ce n'est pas tant que tu y penses et que j'en sois triste et jaloux, c'est que ce soit un mec ! Comment peux-tu penser à un mec
Comment ça, « et [moi] alors » ? Mais je n'en suis pas un, je t'ai dit !

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